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Des galeries « déconfinées » rue du Temple et autour…

05/18/2020

Reprises et nouvelles expos de galeries après covid…

Niele Toroni chez Marian Goodman

        Tout autour de la salle principale de la galerie, quatre ensembles d’œuvres sont disposés de sorte que, sans trahir leur créateur, on peut sans difficulté imaginer les réunir dans une installation in-situ, comme il a l’habitude d’en produire. Auteur d’un travail radical d’instauration esthétique, Toroni modifie par gestes subreptices l’esthétique des lieux qu’il investit, de sorte que tout tourne dialectiquement autour de l’objet processuel que constitue symboliquement la marque logotypale en forme d’empreinte de pinceau dont son travail se caractérise. Les quatre nouveaux types d’aventures esthétiques présentés réagissent assurément avec l’environnement de la galerie, et c’est comme toujours en s’appuyant sur une  extrême rigueur plastique et toujours plus d’humour que Niele Toroni déplace le jeu de formes en interactions avec l’espace visuel. L’empreinte dont il fait depuis quarante ans son sujet et qu’on pouvait croire vieillie réapparaît plus que jamais sagace, perspicace, spirituelle, avertie et avisée, vibrionnante et surprenante, subtile ou prudente, profonde aussi bien qu’ingénieuse, autant circonspecte qu’éclairée voire drôle et ironique etc…

 

Damien Cabanes chez Eric Dupont

        Des fleurs en bouquet ou bien sous l’angle exclusif de leurs bulbes ouverts, peintes sur des toiles immenses, sans châssis ni cadre, directement fixées sur les murs. Tout semble aperçu comme on croque la grandeur d’un spectacle éphémère au moyen d’une pochade colorée. Le geste est intense, le temps mobilisé à la fois intime et lyrique. Les motifs sont tantôt placés au centre de leurs supports, tantôt éparpillés comme des fleurs dans un champ. On s’imagine revivre le thème des bouquets dans la peinture du XVIIIe s. ou celui des Nymphéas caractéristiques de Monet. On trouve aussi une inspiration du peintre américain Cy Twombly. Damien Cabanes aime travailler sur le motif, le réduire ou rassembler sa vision émue dans une expression vive et empirique. Il apprécie en ce sens d’improviser les compositions comme on invente ou comme on adopte un point de vue fortuit, se laisser autant porter par des cadrages incertains que se pencher sur l’idée de donner à des études des apparences de captations. L’usage disruptif de l’accident esthétique ou de l’erreur technique lui permet du coup de forger des apparences parfois magnifiques. Restent des succès variables comme un croquis survole un sentiment et subjugue esthétiquement où qui à d’autres occasions peut paraître sans force et de peu d’intérêt. Dans l’exposition, les grandes études de bulbes dispersés sur fond blanc qui évoquent librement Cy Twomly en même temps que Monet l’emportent.

 

Stéphane Couturier chez Christophe Gaillard

        Un travail esthétique d’origine photographique, allongé sans tallent excessif et particulier à la plasticité parfois façon Fernand Leger, déjà vu chez Galerie RX l'année passée. C’est dans l’ensemble toujours aussi fabriqué que maniéré et vide de sens.

 

Fritz Bornstück chez Galerie Maïa Muller

     Rien de neuf. Des œuvres d’agrément narratives et oniriques dans un style et des manières de curiosités matiéristes. C’est techniquement très bien peint. Ça habille les murs sans déranger le regard.

 

Billie Zangewa chez Templon, galerie rue Beaubourg

        Des images colorées de reportage directement inspirées par la vie locale et la vie sociale l’Afrique du sud d’où on nous informe que l’artiste est originaire et dont c’est la première présentation dans la galerie. Chaque production se présente comme un assemblage de photographies apparemment puisées dans la presse et recomposées en tableau. Les œuvres sont réalisées en cousant les différentes parties de chaque motif comme un patchwork journalistique. Les contours aussi grossièrement établis qu’irréguliers et incomplets, chaque tableau territorialise sur le mur une sorte de silhouette informe à la fois proche de l’art brut et spontanée comme une composition de Grandma Mose, dans un style accessible et populaire comme des illustrations de livres d’enfants, captivant comme des montages visuels d’élèves découvrant le trie et l’expression visuelle en rassemblant des images de magazines. Une exposition passionnante si on aime l’art naïf et les placements financiers d’arts populaires.

 

« Samdi, c’est galrie d’ar »… Florence Reymond, « Mise au tombeau » et « Mise à jour » ?