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« Anxiété cartographique », Collectif Hic Sunt, Galerie Arondit, rue Quincampoix…

22 février 2018

L’exposition intitulée avec une belle dose d’humour « Anxiété cartographique » joue sur les évidences, même rêvées, pour ce qui fait image mentale et image personnelle de toute idée de territoire et de lieu…

Pas simple d’évoquer l’intelligence et la finesse créative qui traversent les œuvres d’une exposition. Il faudrait s’en tenir aux conseils d’aller voir, d’y voir ce que l’expression peut avoir d’imprévu quand des œuvres puisent davantage dans la recherche esthétique et l’expérimentation plastique que dans les surplus et les débordements de pâte picturale ou les codes surjoués de l’épanchement émotionnel.

Galerie Arondit, rue Quincampoix, le collectif Hic Sunt (ils sont ici), 4 artistes ­­— Lucile Bertrand, Katrin Gattinger, Valentine Gouget et Anna Guillo — pour une exposition thématique remarquable de diversité et de curiosité plastique sur le thème des cartes et des territoires, des frontières et des arpentages, des lieux dits et non-dits, des espaces « chez moi et chez les autres », des régions et des iles perdues ou en archipels, des espaces là et la-bas… Puisant dans des pratiques qui ne se cachent pas d’être historiquement liées à l’art conceptuel, les œuvres se distinguent cependant plus volontiers comme divagations poétiques sur les liens entre mots et visions que sur les modalités idéologiques ou les codes culturels d’une culture artistique et esthétique.

Dans l’exposition qu’ils ont avec une belle dose d’humour intitulé « Anxiété cartographique », les quatre artistes ont tranquillement décidé de se jouer ainsi des évidences entre ce qui fait image mentale et image personnelle. Et déjà, les questions de d’identification et de reconnaissance expressives du lieu titillent l’attention. Les idées de surface, limites, formes et lieux sont pensées par chaque artiste en s’appropriant ici le sol, là une simple feuille A4, ailleurs un mur ou quelque part le squelette d’un objet pour décliner des perceptions et sublimer des formes quasi oniriques de la notion de géographie et de contexte plutôt qu’exposer des instantanés d’endroits. Résultent de ces voyages individuels, des compositions complexes d’assemblages subtils de matériaux faits pour ne se rencontrer que dans des voyages non préparés, des visions seulement imaginables en situation d’apesanteur, les pas légers ou l’esprit poétiquement flottant.  Certaines œuvres sont carrément somptueuses, comme ce haïku sculptural, « groupes de 3 à 5 îles » dixit, juchées au bout de tiges frêles et sobrement intitulé « Archipels », comme ces 34 dessins et montages réunis sur un mur (ils forment aussi une édition limitée sous coffrage de bois), comme cette barrière couchée sur le sol (titre : « Coup de fouet ») dont le corps semblant se réveiller lentement s’engage et se mue en même temps dans un déhanchement de danseur hip hop… Il y a aussi  « Les sirènes de Shangaï », une installation vidéo en quatre écrans successifs, à la fois élémentaire et spectaculaire par son contenu instable…

On l’aura compris, l’exposition est dans son ensemble à la fois d’une grande force expressive et un beau parcours sensible. 

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