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Picasso, 1901-1906 au Musée d’Orsay

21 novembre 2018

Le peintre a autour de 20 ou 24 ans, il « pête le feu », « bande de tout son corps insatiable »…

Picasso 1901-1906 au Musée d’Orsay, en bleu et rose en attendant « Les Demoiselles d’Avignon » mais après être passé par la disparition brutale de son ami Casagemas… Le peintre a autour de 20 ou 24 ans, il « pête le feu », « bande de tout son corps insatiable » de créateur modestement sûr d’être le plus grand… Il éjacule des études, dessins, griffonnages croquis à tous propos, caresse les corps aux mêmes lieux de contacts. C’est parfois purement visuel, à d’autres occasions d’un érotisme naturel ou cru, ça se marre et ça se moque, rien n’est perdu.

L’exposition de Musée d’Orsay est une mine de découvertes d’un artiste insatiable de dessin, de production de tableaux, de reprises de formes qui font figures de dictionnaire de création personnel, de références artistiques, d’entremêlement et de réincarnations de multiples sujets. Les rappels de Picasso dessinant sans cesse viennent de partout, des œuvres devenues mythiques font exploser les cimaises. Mais on voit aussi un artiste parfois si empressé qu’il néglige son dessin, se perd dans des effets faciles, s’abreuve à des procédés incongrus pour ne pas dire stériles tant ils brouillent son geste d’étude…

L’expo est énorme, immense, foisonnante, qualitativement irrégulière, drôle et surprenante, hardie et questionnante, insatisfaisante, enthousiasmante et truculente, et tout à la fois quant au héro rappelé. J’en finis pas d’aimer tant de vie énergiquement consacrée à s’incarner dans le plaisir de jouir.

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