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Ah! La limite…

16 avril 2016

Limite, frontière, bordure, borne, sortie… Mais aussi : seuil, découpe et terminaison d’un territoire au-delà duquel « votre ticket n’est plus valable »…

Limite, frontière, bordure, borne, sortie… Mais aussi : seuil, découpe et terminaison d’un territoire au-delà duquel « votre ticket n’est plus valable », dépassement, franchissement, « viol » de ce territoire même, quand il est identifié à son propriétaire…

Donc (d’où) : lieu vs emplacement, espace inclus autant qu’espace hors espace, dehors avéré, extériorité consentie ou convenue, le plus souvent arbitraire, parfois imposée, toujours réglementaire vs réglementée « Au delà de cette limite… » etc.

Mais encore « l’imite », ou questionnement, quand le sujet, comme le réel avec lequel il se confond allusivement, flanche et se parodie dans la mise en scène de sa reproduction ; au risque d’un écart excessif.

Et pourquoi pas « là, Limite ! »… vs interdiction ou danger de franchir sous peine… Image d’un état qui rappelle son fait et dit ce qui l’oblige, quelle qu’en soit la raison.

 

Que faire de situations à compter desquelles ce qui code et fait sens d’une limite expose en même temps diverses sortes et paradigmes d’interprétation à travers des « peu importe » ? Qu’attendre d’affirmations égocentrées du « Je » ou de tentatives de recentrement toujours plus purs ? « Limite » vs aveuglement ?

 

D’un point de vue artiste/auteur/créateur, la limite devrait être insaisissable ou ne pas exister pratiquement, parce qu’il faut tout essayer pour créer, tenter sans frein le hasard, être naturellement ouvert à tous les espaces possibles, ne rien enfermer pour ne rien s’interdire, être capable de passer sans heurt de l’un à l’autre. Mais peut-on ignorer sinon feindre l’illimité du devoir de tout tenter ou de tout inventer, instituer le possible sans risque ? La Limite vs le risque, oxymore nécessaire aux jeux de mots où la limite vacille tantôt drôlement, tantôt dramatiquement sur ses propres ententes. Ce qui peut inciter à des associations et des collaborations peut aussi séparer, dissocier, isoler et, s’il le faut, parfois sélectionner vs exclure, rejeter.

La limite ne coupe pas nécessairement du monde, elle valide un état, qu’il soit naturel ou factice.

 

Que peut le plasticien dans cette affaire d’appréciation des emplacements naturels ou arbitraires où sa place est, quoi qu’il pense, incertaine et limitée ? Fragile, parce que limitée.

 

11 artistes du collectif Capteurs d’arts et le Centre d’art contemporain Aponia ont choisi de se pencher sur l’idée qu’aucun paradigme ne saurait satisfaire pleinement le sens que peut prendre « la Limite » comme thème et comme possibilité de création plastique dans un unique champ expérimental. Il est pour cela convenu que chacun va aller de sa conception ou de sa vision de ce qui fait limite… pour mieux passer le témoin à une œuvre plastique. Façons conjointes de dé-limiter l’imitation de « limite(s) » entendue(s) ou évidente(s), d’élargir le registre des résonnances humoristiques ou sérieuses, récréatives ou réalistes sur les questions d’emplacements. Ou de zones ! Ou d’aires ! Pas de limite ! Il y aura des créations visuelles, d’autres littéraires, des installations et des sculptures, des photographies et du pur dessin…

 

Quelle correspondance valider pour être, par conséquent, non pas hors mais dans la ou les limites ? Voire, être la Limite même ?

Voyez les sujets porteurs dont se sont servis les artistes présents, les aperçus et les scénarisations retenues, les tactiques et les technologies investies pour chaque œuvre.

Voyez ce qui, à l’évidence ou à la marge, correspond à un bord atteint, peut-être infranchi.

Jusqu’à maintenant.

Avant votre regard…

Voyez au fond ce qui fait sens d’un emplacement et d’un autre territoire.

Limite jadis insoupçonnée

Judith Riegl dans une perspective expressive conventionnelle. Pour Jacques Charpentreau