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Quelques galeries et des alentours artistiques divers

12/03/2022

Eric Mérigot, Eric Baudart et Damien Cabanes aux risques de leur art.

Les illusions d’un peintre à la galerie Fabrique Contemporaine    

       Eric Mérigot réalise sur toile des tableaux abstraits. Chaque composition repose sur un principe créatif en deux temps : l’échafaudage d’un fond monochrome et matiériste et l’ajout d’éléments géométriques simples évoquant tantôt des constructions décoratives, tantôt des apparences « suprématistes ». C’est très visuel, vaguement allusif à des paysages, plus souvent à des compositions ornementales d’essence non figurative.    

       Les fonds sont d’abord traités sous l’aspect d’un pavage de rectangles recouverts d’une couche monochrome de pastel sur papier. L’uniformité de leur surface est ensuite transgressée et saccagée au moyen d’arrachages anarchiques. On songe à une tentative de réincarnation d’un fond destiné à sublimer la surface jugée aforme du subjectile vierge.    

       Le second temps de réalisation consiste à ajouter/superposer/recouvrir partiellement le fond par éléments séparés ou combinés silhouettés dans des gabarits rectangulaires ou circulaires et la plupart du temps laissés blancs. Faut-il concevoir leur blancheur comme une résurgence sélective du fond initialement vierge de la toile ? Convient-il de surinterprêter leur forme et leur présence par rapport au fond spécifiquement coloré et texturé ? Le peintre semble étranger aux suggestions disruptives créées par la pratique.    

     L’artiste oppose le bénéfice de l’inspiration immatérielle par le sensible contre une possible réflexion conceptuelle et autrement sensible pendant le travail en train. Contradictoirement avec l’apparence curieuse de ses œuvres, son déni formel d’une pensée instauratrice de travail en mouvement crée un doute constant quant à une recherche de sens tout à la fois intelligente, créative et sensible du geste pictural.

 

Eric Baudart, galerie Christophe Gaillard    

       L’exposition intitulée « Corps simple, corps composé » égrène des apparences de détournements d’objets et de matériaux. Tantôt présentées comme des peintures ou des bas-reliefs ou tantôt discrètement inspirées par la sculpture minimaliste, les scénarisations d’aspect « Land Art » ou d’allure « Arte Povera », les œuvres, de grandes dimensions, n’excèdent pas l’exotisme spectaculaire des reprises esthétiques.

 

Damien Cabane chez Eric Dupont    

       De nouveaux tableaux de fleurs, encore peintes à même la toile non tendue, conçue comme lieu et surface libres de toute limite, de toute quantité d’espace. Les fleurs sont montrées comme des taches de couleur, des silhouettes évocatrices, des objets captés dans un mouvement d’attention fugace et parfois futile, au point de n’être plus que des gestes et des taches de peinture brute. On a beau songer que sa production a toutes les apparences d’un travail de pochade, d’esquisse ou d’ébauche ; on peut retenir que Cabane aime la peinture expressionniste d’un Soutine voire une abstraction lyrique proche de Joan Mitchell ; il est loisible de remarquer son travail comme une tentative d’interprétation critique de l’incarnation visuelle d’un motif, on ne peut aussi penser à autre chose que Damien Cabane cherche a essentialisé son art dans un geste d’artiste inspiré par le corpus d’une image uniquement peinte. Et qui fait voir la peinture comme une conception sensible.